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Dessous fragiles
Le père a-t-il oublié
que les yeux se salissent
à force de se souiller
à regarder les obscénités?
A-t-il voulu protéger
la panoplie du désir
chez son enfant chéri
qu'il empêche d'oser
visualiser ces croquis
d'expérience éperdue?
Est-il en train de tricher
en baissant la garde
pour avoir encore
les moyens de se délecter?
M'aime-t-il un peu?
Ou ne dit-il pas
qu'il a déchiré doucement
les eaux ensablées
dans lesquelles je marchais
pemettant qu'un contact
entre les peaux
se mue en geste?
Et que le geste se prive
des moyens de sa survie
en freinant l'image
au détriment de l'impensable?
Et nous étions donc d'accord
pour nous aimer d'un côté
tout en évitant l'autre.
Publié par POETESSA à 00:13:44 dans POETESS | Commentaires (0) | Permaliens
Nous qui étions ceux
qui ne voulaient pas être
et qui pourtant nous trouvions
là où la raison d'être est
que nous étions tels
qu'ils voulaient bien croire
que nous étions au fond.
Nous avions peur
de montrer notre visage
et même les symboles
de nos habits déjà vieux,
déjà marqués sur le devant
nous obligeaient à montrer
ce que nous ne savions d'être.
En articulant la peur
aux images véhiculées
dans les tramways et les bus
ils nous avaient conduits
à la station finale
d'une longue voie ferrée.
Et cette peur nous dévorait.
Cette peur qui fut asphyxiée
puis brûlée et désarticulée
malgré notre envie
de la voir perdurer encore,
avant qu'elle ne finisse
par ne peupler que les mémoires
figées aux marques du souvenir.
Publié par POETESSA à 16:13:27 dans POETESS | Commentaires (0) | Permaliens
Ceux qui ont appris
Pourquoi ont-ils amené
leurs coeurs dans l’espace virtuel ?
Ont-ils débouché un beau jour
le mystère des phrases écaillées ?
Les ont-ils entendues à l’avance
dans l’explication qui s’insinuait
au panthéon du sens ?
Moi j’avais glissé au bout
de cette aventure désirante
et je les avais laissés là,
aux marges de leurs certitudes.
J’avais glissé loin d’eux
dans les épreuves de force
d’un acte global de fréquentation
d’un monde aux reflets cosmiques.
Le temps qui passe n’a pas gêné
l’effort sinueux des présences
acheminées d’un bout à l’autre
de leur parcours signalé
au registre magique de l’égalité.
Ils ont tous acquis l’indépendance.
Ils ont tous rattrapé le retard
et mûri leur différence.
Ils étaient choisis
parce qu’ils avaient tous appris
à traduire les formes du silence
en objet d’exploration.
Ils cherchaient encore la source
parce qu’ils n’avaient pas oublié
que le lien justificatif se complétait,
restituant la marque écrite du futur.
La manière hasardeuse nous tente
sauf quand le regard est capturé
aux lianes de l’arbre digitalisé
Attendant la chute du fruit mûri
devenu arrondi, juteux et sucré,
rouge par dessus ses lèvres,
ils restaient pétrifiés
et la dérision ne les effleurait pas.
Ils savaient depuis longtemps
que les mots ignorent parfois la beauté
et ce qu’ils avaient permis
ne les a pas dénaturés dans l’accueil
qu’ils réservaient aux métaphores du réel
quand le surnaturel les poussait parfois
à rêver sans dissocier complètement
l’émoi de la manifestation de justice.
Quand la peur vient mais le fruit
ne parvient pas à devenir mature,
l’être humain qui se réveille pathétique
finit par vouloir rattraper le vent
en prenant appui sur l’escalier des poses.
Il évite de montrer ses frémissements
et guette du bout de la lorgnette
la réaction spéciale des enfants.
Et ils pourraient continuer à vivre
en taquinant les recoins d’ombre
où se fourrait mon chat tranquille.
Ils pourraient bien volontiers
accepter de rivaliser avec lui en relation.
Ils continuent en vain à le chercher,
dans leur myopie d’évaluation,
et lui, visiblement, il leur répond.
Publié par POETESSA à 03:09:03 dans POETESS | Commentaires (2) | Permaliens
Humiliations et lumières
Ecrire les mots qu'on pense
dans certains contextes
soumis à paralysie rigide
demande de taire les ardeurs
au moins pendant qu'on les écrit,
et même quelques temps plus tard.
Pas de jubilation, jamais.
La pensée se doit d'être stérile
avant de parvenir au public,
où elle sera rémunérée
si la résurgence de ses écumes
la laisse étrangère à toute pesanteur.
Et si parfois vous faites l'amour
dans une situation d'ensemble
qui vous permettrait de penser,
vous devrez finir par l'abstraire
même dans ces cas là.
C'est la condition pour arriver
à la suffisance du plaisir,
puisque vous n'avez pu
retenir le spasme qui se remarquait,
et qu'on vous attendait ferme
pour vous reprocher d'avoir
obtenu par erreur la place du méritant.
On vous attendait toujours
à partir du moment où du bruit
s'insinuait contre les façades.
Le bruit du plaisir partagé devant s'aplatir
sans permettre qu'on dévisage
la physionomie d'un voisinage
corrompu d'obscénités,
poussant les approches multiples
vers le triomphe des gémissements.
Il faut fermer la fenêtre.
pour que ne s'épuise pas la musique
quand elle bat si fort sa cadence
inventée par le hasard.
Il ne reste alors que le mot unique
isolé de sa matrice,
jaillissant comme un cri
d'une gorge trop serrée.
Il ne reste que l'immense perplexité
et l'histoire unique qui progresse,
ne retenant que la variable explicite
qui se mord par elle-même
dans l'infinie répétition du jeu.
Entamée par les lois du futur
la formule simplifiée sort
de sa sombre cachette
pour s'enfiler comme une alliance
dans l'annulaire des souvenirs.
Publié par POETESSA à 03:00:07 dans POETESS | Commentaires (0) | Permaliens
Beauté espiègle
J’étais une femme rebelle
aux yeux décalés vers le front.
J’étais déjà traquée
par un destin improbable
qui me rendait furieuse.
Si tu avais pu deviner
la couleur de mes idées
tu aurais compris
qu’aucun de tes recueils
n’aurait suffi à recommencer.
S’il avait fallu recommencer
c’était déjà fait.
Et tu semblais étonné
de ce visage soudain plus lisse
dont les rides sont plus ouvertes
et sourient.
Publié par POETESSA à 19:22:15 dans POETESS | Commentaires (0) | Permaliens
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