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L'attraction | 14 février 2009

L'attraction

Toi qui es capable d'attirer
mon cœur vers le centre
mon âme vers le centre
mon ouïe vers le centre
mon regard vers le cœur
mon âme vers ma bouche
ma bouche vers mon ventre
dans un mouvement magnétique
qui me prive d'un coup
de toutes mes aliénations,
tu fais de moi une paresseuse
glissant dans l'ivresse
qui me permet de te suivre encore
au moins pour quelques minutes
dans le cocon des béatitudes.

Le ciel au dedans de moi
soudain s'allume et me propose
ce que j'avais déjà enregistré
et placé dans les ourlets
de mes jupes trop courtes.
En pouvant revenir si près
par une présence si manifeste,
tu réinventes les paradis
et par les miettes délicieuses
qu'encore tu me fais goûter
tu dévoiles une nouvelle version
de ces parfums insondables
qui saisissent les sens de biais
et se tatouent doucement
sur les rebords l'âme.

Je ne pense pas que je partirai,
ni demain, ni plus tard.
L'attraction qui se joue ici
finit par désorienter les angles
au beau milieu de l'espace
et par obscurcir les pièges
qui décorent ma demeure.
La paresse n'aurait pas dû
s'immiscer dans mes cabrioles.
Je n'aurais pas dû continuer
à croire que les sentiments
malgré tout étaient possibles.
Si la plénitude se fait triste
elle n'a plus cette profondeur,
qui pourrait servir à s'élever,
en partant simplement du bas.

Publié par POETESSA à 19:01:58 dans POETESS | Commentaires (0) |

CASE VIDE | 08 février 2009

CASE VIDE
 
Comme tu t'inquiètes de ce détail
si dans mon coin, par-dessus tout
j'avais perdu dans les traces du passé
l'espoir de vivre l'histoire conjuguée
dans ce style de redondance amoureuse
que l'on prête aux ménages urbains.

Prise de lassitude par mes solitudes
je serais venue t'assaillir au coin
de mes désastres incontrôlés
alors que toi tu n'aurais fait
que mener calmement ta vie futuriste
d'homme marié, libre de ses unions.

Moi la tentatrice amenant le scandale
si pieuse dans ses strates plurielles
et pourtant si fâcheusement endiablée,
si percutée d'accessoires mondains
par lesquels ton attention se fragmente
au lieu de jouir de son immersion en moi.

Aurais-je vraiment cette capacité
d'amener la note détonnante
dans l'univers de ta complétude
si magnifiquement agencé, si explicite,
si parfaitement conscient d'être raisonnable,
si fier de la beauté de ses courbes aériennes.

Pourquoi n'as-tu pas dit qu'il fallait
d'abord avoir assumé la preuve linéaire
si on voulait pouvoir se tenir droit
devant tes statues de sel, toutes bleues,
à force de regarder impassibles l'horizon,
à force de jouer avec le feu que tu as éteint.

Dans ce jeu sérieux où personne
ne prononce le discours sur le thème 
de ce feu éteint qui aurait dû être allumé,
mais qu'il ne l'est pas à cause du bruit
des expéditions désormais menaçantes
des ondines en cavale, sans amis.

Tu peux certes prendre dans ces images
l'occasion d'un divertissement exquis,
si ce n'était justement un sujet si cher
à mon âme désorientée par l'intensité
de ces élans d'amour que tu lui inspires
quand tu ôtes ton masque trop grand.


Publié par POETESSA à 03:50:41 dans POETESS | Commentaires (0) |

Lumières intenses | 05 février 2009

Lumières intenses

La dernière femme qui m’a donné
l’amitié qui aide à exister
c’est par son regard voilé puis dévoilé
qu’elle a changé les conditions de passage
de ce seuil si difficile à voir
puisqu’il sépare la lumière des ténèbres.
Dernière femme qui m’a montré le ciel
et aussi ses larmes dans ses yeux.

Saura-t-elle un jour qu’elle est l’auteur
de ce geste oriental qui oriente ma vie,
de cette générosité non calculée
qui dort en émanant de la sympathie
et qui jaillit au moment rebelle
quand plus rien ne tient et rien n’empêche.
Nous les femmes nous savons bien
que le poids des siècles nous blesse.

Et comme ça nous savons aussi reconnaître
s'il est temps d’arrêter une mélodie sentimentale
en ce domaine dirigeable où manque
l’exceptionnel partage d’une oasis
pour que se croisent les mêmes perspectives.
Quand je continuais malgré tout  à aller de l’avant
dans une cour d'abondances sans miracles
tu m’as donné l’eau du désert.

Et c’est par cette introversion directe
que je te retrouve à la fin
à nouveau mystérieuse et voilée
mais palpitante d’émotions encore pures.
Ayant choisi de ne montrer que ta face noble
même depuis que tes cheveux sont coupés
tu dégages tant d’amour que l’on t’aime,
c’est une fatalité à laquelle tu nous obliges.

Publié par POETESSA à 16:52:15 dans POETESS | Commentaires (0) |

Notre nostalgie | 03 février 2009

Notre nostalgie

Si la vie est une nostalgie
et la mémoire une approximation
je mets au défi tous les délais,
je reprends toutes les éclats
et m'excuse de poser nue.

Quand j'ai senti l'odeur du sang
et que j'ai vu le visage de ta mère
j'ai soudain compris ta diversité.
J'ai compris comment tu voulais
lui dire encore ton amour.

Impuissant dans les lumières
tu n'oses repérer ouvertement
les lieux de restitution
et dans le bénévolat du temps
tu dérailles de rencontrer le vide.

Et tu ne peux que vouloir t'éloigner
de ceux qui n'idéalisent pas
les mêmes espoirs vitalisants.
Alors tu as aimé la douceur
de mon visage plein d'ombres.

Mais tout a vacillé en un seul jour
quand j'ai franchi en fraude la barrière
qui fermait l'espace de ta pensée
et que j'ai touché les objets décalés
dans le pourtour emmuré de nuit.

Ce n'était pas une frontière
qui calmait l'illusion du sacrifice.
C'était une femme seule, encore jeune
qui voyageait dans un train de nuit
ayant choisi le code de ses attentes.

Et comme tout le monde était bloqué
elle rêvait, elle, de pouvoir encore
aller au bout de son parcours
sans avoir à user d'aucune tricherie,
ou encore abuser de quiconque.

Et comme tu m'en as parlé ce soir-là
elle était là et je ne la voyais pas.
Car elle était trop calme dans ses poses
et la consistance de ses actes affirmés
cachait les échos de votre complicité.

Publié par POETESSA à 19:17:26 dans POETESS | Commentaires (0) |

Langage configuré | 03 février 2009

Langage configuré

En passant par tous les détours
j'arrive quand même finalement
au cœur de ce même langage,
du sang qui bout au-dessous des mots.

Et de tes doigts, quand tu parles
qui laissent filer les lumières
par la porte entrouverte
d'une gesticulation parfois ramassée.

Quand je n'arrive pas à sentir l'amour
je me demande pourquoi c'est toi
dont les affects me préoccupent,
même si ces choses ne se disent pas.

Même si dans tous les sens
tu bouges pour effacer ma raison
parce que tu voudrais simplement
te complaire du silence enduré.

Comme si on pouvait choisir
de rester là où on ne sent rien
alors qu'il suffirait de penser
aux rondeurs que la vie nous offre.

Et de ce vin qui pourrait couler
pour nous donner encore
la caresse d'une main lointaine
si petite qui se faufile vraiment.

Et qui attrape le son de nos voix
par le bout de la prochaine réplique,
dans l'immanence de ma religion
et la profondeur de tes orientations.

Là où je m'imagine connaître
les configurations de l'absolu
c'est par la gravité de tes souffrances,
dont la multiplicité en moi s'est cadastrée.

Publié par POETESSA à 11:21:54 dans POETESS | Commentaires (0) |

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