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Frisson défait | 19 août 2009

Frisson défait

Le frisson que je n’ai pas eu
parce qu’elle est venue
nous faire croire qu’il y avait
des codes nous obligeant
à ne pas soigner l’aspect
le plus lourd de nos tendances.

Le code était là pour arracher
des mains des amoureux
le fruit mûr encore entier
qu’un couteau sans épines
aurait probablement défait
un jour sur une assiette.

Il s’agissait de notre sort
et tu avais enfoui le temps
dans les murs d’horloges ferrées,
fonctionnant sans avoir besoin
d’oser sentir l’émotion palpiter,
ni ne courant jamais bien loin.

La déception que tu m’as lancée
j’en ai attrapé l’image froissée
et l’ai attachée au pied du lit
pour qu’elle glisse dans les jeux
des minutes qui se déversent
hors de l’horloge emmurée.

Publié par POETESSA à 12:24:29 dans POETESS | Commentaires (0) |

Echanges entre nous | 19 août 2009

Echanges entre nous

Quelques détours ont dû apporter
la pluie dans le sens contraire
à la circularité d’une grosse calebasse
pour que l’idée de la fuite mûrisse
et que je puisse enfin choisir
dans quelle direction me libérer.

L’eau ainsi récoltée tu l’as donnée
à ta soeur pour qu’elle échappe
aux nausées de l’instabilité précoce
et puisse se forger un caractère entier
parmi les populations riches
qui ne se plaignent pas encore.

Et mon esprit tanné par les pluies
a pu encore se soumettre au soleil
après l’insensée submersion
pour échapper au contrôle affectif
qui aurait dû fixer les altérations
au seuil des premières simplicités.

A présent qu’une couche perlée
de désirs insondables a tapissé
les formes de mon autre style de vie
ce sont les couleurs de la liberté
que j’ai accroché au mur et tatoué
dans mon regard, qui ne fléchira pas.

Et c’est elle que je te donne, la liberté,
si tu la veux, si tu la prends,
avec tous les risques qu’il faudra
courir pour la garder immunisée
des eaux sales de l’hypocrisie maligne
et de toutes les impuissances aveugles.

Publié par POETESSA à 01:49:16 dans POETESS | Commentaires (0) |

Musique de guerre | 10 août 2009

Musique de guerre

De choisir mes musiques de guerre
pour combattre le point faible
de cet ennemi qui abuse
de toutes les patiences
ouvrant quotidiennement
d’autres espaces fascistes
dans les failles de la civilisation.

Il faut de la musique de guerre
là où le langage ne suit pas le corps,
pour dire que l’homme est cruel
en prétextant qu’il surveille son nid
mais dirigeant fétide contre les murs
son haleine de triple hypocrisie
et amère bêtise dangereuse.

Par les éclats de son miroir dévasté
la poudre qu’il déverse aux alentours
jette l’ennui dans les lieux
où il s’amène avec les siens
en changeant l’ordre sans jamais
demander l’avis de ceux qui étaient là
avant qu’il n'arrive avec ses bagages.

Et il n’a que la force pour s'immiscer
faisant pression sur des différences
qu’il aurait fallu plutôt négocier.
Et voilà que candide il peut détruire
tout symbole permettant
qu’un accroc puisse déboucher
sur une démarche de paix et respect.

Il nous oblige à nager avec lui
dans le néant d’un esprit sans fond
dont la teneur est déjà entachée
par toutes les pollutions ambiantes.
Il glisse sur toutes les exigences
mais devra s’adapter désormais
aussi à mes menaces et réactions.

Sachant que cet air est dans l'air,
cette musique de guerre, embrayée,
musique dont le rythme entraînera
forcément vers la mélodie chantée
et donc vers l’évidence complète
de ce qu’il y a eu tentative de mortifier
l’humanité parlante avant mon retour.

Publié par POETESSA à 16:15:54 dans POETESS | Commentaires (0) |

La cause oubliée | 08 août 2009

La cause oubliée

Ce que tu as à dire
avec tant de force
touche un écart discret
du sens précis qu’on donne
quand on se trouve au cœur
du juridique qui maquille
les farces et les dissout
et quand les sentences
durent dans des procès
pour de véritables fautes
commises sans vergogne.

Ce que j’ai à dire
c’est qu’avec le même genre
de parcours hasardeux
je me suis cachée
aux opinions directes
de ceux qui annoncent
le début d’une ère adéquate
dont les couleurs jouent
partout la mélodie
d’heureuses possibilités
à découvrir en famille.

Et là où ton attitude
débouche sur une conviction
qui parvient même à enrayer
les liens de mon esprit
dans leurs persistances obligées,
et pourtant déçues,
c’est que j’ai d’abord opéré
dans un régime de droiture
avant d’en arriver à contester
la force modeste mais déréglée
d’un bon sens à chercher.

C’est là que j’ai permis
aux équilibristes d’entrer
pour faire de la critique
à notre prochaine version.
Ils ont trafiqué avec les poètes
et voilà qu’on a tout mélangé.
Mais à la fin c’est la mémoire
qui pourrait justement certifier
que c’est bien le même défi
que nous avons accepté
ensemble de relever.

Publié par POETESSA à 02:25:15 dans POETESS | Commentaires (0) |

Au cœur des lignes | 06 août 2009

Au cœur des lignes

L’éclairage dans la blessure
n’attrape aucun avertissement
et ne touche aucun problème.


Tout reste comme avant
puisque tu as cloisonné
la transparence des émotions
par d’immenses serrures
placées dans le temps,
dispersées comme des pièges
pour animaux fidèles.

Exprès tu me traines au bord
de terrains plantés d’unions,
quand que je voudrais parmi
tous les efforts en perspective
réunir le supplément d’âme.

Tu n’as plus rien à m’acheter
et tu regardes la ligne soutirée
à d’autres horizons apparus
vers les procréations trouvées
au goût nuisible d’abandon.

Publié par POETESSA à 02:19:40 dans POETESS | Commentaires (0) |

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