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A mots couverts C’est peut-être une manière de délier
le mouvement des pieds de celui des yeux
en présence de ceux qui nous observent
et choisissent pour nous le menu
et la couleur des napperons.
C’est peut-être l’impossibilité de croire
que quelque chose a changé
et qu’ayant oublié toute solennité
c’est toujours contre l'avidité des marchands
que nous crions nos mots.
Alors que c’est ailleurs que nous devrions
nous trouver pour réussir à boucher
les trous d’inconsistance
dans les théories vagabondes
de ces chefs au prestige bleuté.
Toi et moi nous nous sommes reconnus
le jour où nous avons baissé les yeux
tout en restant ensemble branchés
sur la fourrure encore chaude
d'une timidité animale quasi sacrifiée.
Nous avons alors compris d’instinct
que l’épaisseur de la frontière
par le sérieux du jeu serait restée stable
malgré la tendance irrésistible
à saper le réel par l’ironie.
Publié par POETESSA à 03:56:13 dans POETESS | Commentaires (0) | Permaliens
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