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Dépassement du temps Sans faute, sans hésitation,
je ne voyais encore que le futur
comme livre ouvert
à catapulter mon être au monde
sans briques à élever
pour emmurer le mystère.
Je marchais encore derrière
le voile exhibé de mes aptitudes
car juste à côté de moi
tu préparais les cours
qu’ensuite tu aurais donnés
au creux de plages explosées.
N’éprouvant nul embarras
de l’étreinte à déplacer
j’avais accepté de n’avancer
que d’un centimètre à la fois
pour conduire sans ambivalences
tous nos savoirs sur le parcours.
Mais l’espace sans péages
ayant fini par se tasser
c’est la fièvre du doute
qu’en moi j’ai senti monter,
si haut qu’un point seulement
avait pu résister à l’émeute.
J’étais devenue toute cartésienne
après tant d’autres, moi aussi,
me sentant prise de ce besoin
d’analyser pour être en certitude
puisque l’immensité du réel
à mon histoire s’était imposée.
Mais toi, toujours retransformé,
extasié au seuil de tes colères
par des mythes de politesse blanchie,
te voilà resté imperturbable
ou tout juste devenu épicurien
quand je peux me réfléchir à toi.
Et ces retrouvailles ont donné
une joyeuse perspective
à nos sourires bizarres.
Nous n’avions presque rien forcé
et pourtant tout paraissait simple
au croisement de nos existences.
Cette nouvelle pièce de langage
qui bougeait dans le renouveau possible
se montrait comme telle un peu partout.
Nous l’aurions certainement appelée
un beau jour par son prénom
si d’aventure la forme avait pris.
Mais l’écume grandissante
d’une vague torrentielle absurde
a indistinctement balayé
nos projets des deux côtés
avant même que nos voix
ne soient parvenues au discours.
Le crépuscule est alors venu
obligeant ceux qui se passionnaient
à se rejoindre dans l’hystérie
sans qu’aucune lumière ne sauve
l’or de leur raison familière
déjà troublée d’opacité.
Il aurait suffi alors de continuer
en ne cessant d’y croire
à ce que je savais de définitif
tout en disposant par ailleurs
le cadre de ma ressemblance
au profil de la non collaboration.
Et je l’ai fait, tant pis pour eux.
Même si en conséquence toi aussi
tu as fini dans le néant exemplaire
de cette marche sans bagages
dont l’aboutissement ne se fondait
que sur un pacte d’anticipation ratée.
Ou bien as-tu cette fois changé ?
As-tu toi aussi finalement
emporté le doute dans ta poche
et décortiqué tes chances
du bout de tes doigts
pour voir ce qu’il en reste ?
Publié par POETESSA à 23:02:02 dans POETESS | Commentaires (0) | Permaliens
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