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Notre nostalgie | 03 février 2009

Notre nostalgie

Si la vie est une nostalgie
et la mémoire une approximation
je mets au défi tous les délais,
je reprends toutes les éclats
et m'excuse de poser nue.

Quand j'ai senti l'odeur du sang
et que j'ai vu le visage de ta mère
j'ai soudain compris ta diversité.
J'ai compris comment tu voulais
lui dire encore ton amour.

Impuissant dans les lumières
tu n'oses repérer ouvertement
les lieux de restitution
et dans le bénévolat du temps
tu dérailles de rencontrer le vide.

Et tu ne peux que vouloir t'éloigner
de ceux qui n'idéalisent pas
les mêmes espoirs vitalisants.
Alors tu as aimé la douceur
de mon visage plein d'ombres.

Mais tout a vacillé en un seul jour
quand j'ai franchi en fraude la barrière
qui fermait l'espace de ta pensée
et que j'ai touché les objets décalés
dans le pourtour emmuré de nuit.

Ce n'était pas une frontière
qui calmait l'illusion du sacrifice.
C'était une femme seule, encore jeune
qui voyageait dans un train de nuit
ayant choisi le code de ses attentes.

Et comme tout le monde était bloqué
elle rêvait, elle, de pouvoir encore
aller au bout de son parcours
sans avoir à user d'aucune tricherie,
ou encore abuser de quiconque.

Et comme tu m'en as parlé ce soir-là
elle était là et je ne la voyais pas.
Car elle était trop calme dans ses poses
et la consistance de ses actes affirmés
cachait les échos de votre complicité.

Publié par POETESSA à 19:17:26 dans POETESS | Commentaires (0) |

Langage configuré | 03 février 2009

Langage configuré

En passant par tous les détours
j'arrive quand même finalement
au cœur de ce même langage,
du sang qui bout au-dessous des mots.

Et de tes doigts, quand tu parles
qui laissent filer les lumières
par la porte entrouverte
d'une gesticulation parfois ramassée.

Quand je n'arrive pas à sentir l'amour
je me demande pourquoi c'est toi
dont les affects me préoccupent,
même si ces choses ne se disent pas.

Même si dans tous les sens
tu bouges pour effacer ma raison
parce que tu voudrais simplement
te complaire du silence enduré.

Comme si on pouvait choisir
de rester là où on ne sent rien
alors qu'il suffirait de penser
aux rondeurs que la vie nous offre.

Et de ce vin qui pourrait couler
pour nous donner encore
la caresse d'une main lointaine
si petite qui se faufile vraiment.

Et qui attrape le son de nos voix
par le bout de la prochaine réplique,
dans l'immanence de ma religion
et la profondeur de tes orientations.

Là où je m'imagine connaître
les configurations de l'absolu
c'est par la gravité de tes souffrances,
dont la multiplicité en moi s'est cadastrée.

Publié par POETESSA à 11:21:54 dans POETESS | Commentaires (0) |