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S’empresser d’aimer
Je veux croire, par les matières
disséminées de vérités orchestrées
dans les plus étranges
reflets et perspectives
que tu as enfin compris
à quel point je ne triche pas.
S’il s’agit de ma dignité
je ne répète pas les mêmes erreurs
C’est que tu touches
directement les moments décisifs
là où ceux qui me touchent
ne s’effacent pas
puisque tu as compris
qu’ils existent.
Avant tu paradais de tes statuts
en me laissant divaguer.
Mais tu as fini par succomber
aux forces de décentration
comme tu n’as plus
l’obsession de trouver
le moyen de dire
ce que tu cherches.
Puisqu’ils t’écoutent à présent
tu peux livrer la marchandise.
Mais moi j’hésite encore
ne sachant pas si je peux déjà
m’irriguer du bruit remplaçable
de cette intuition hâtive
qui s’élabore finalement
de mieux en mieux.
Car nous sommes déjà en train
de remplir le vide existant entre nous.
Et ce faisant de belle manière
avec une jalousie maladive
pour te conduire vers les tropiques
puisque toutes mes syllabes
ont été bien brèves
pour t'en décrire la saveur.
Et quand tu l’as trouvée
j’ai ressenti le même vertige.
Vertige de femme embrassée
dans les bras d’un homme
qu’elle aime tenir contre elle.
Saveur de l’amour accepté
plus délicat encore
à son comble.
Comme il faut s’empresser d’aimer
avant de se dévisager dans l’inaptitude.
Publié par POETESSA à 11:50:01 dans POETESS | Commentaires (0) | Permaliens
L’éventail du formulable
Hier j’ai compris les limites du temps
par la révélation de ce qu’un homme
si fort autrefois, devenu nonagénaire,
s’est éteint dans la maison d’à côté.
C’est comme si de mon enfance
sa présence si rayonnante survivait,
laissant un peu partout les doses d’espace
nécessaires à mon imagination
pour se faufiler entre les réalités.
Mais comment peut-on devenir si âgé
quand on a tant donné l’envie de bien faire
à tant de gens comme moi
si brouillons dans leurs manières?
Il ne savait pas combien j’aurais pu encore
avoir besoin de son entrain
pour vivre un deuxième carnaval,
et voir si le temps cède aux caprices
dans ses déguisements aléatoires.
Par la sagesse des actes il m’a guidée
vers les latitudes encombrées de mots
là où il fait juste bon vivre
après avoir terminé un travail infini.
Des mots qui restent et dont le pourtour
ne tremble pas comme la main
qui les écrit quand elle vieillit.
Car la mémoire vidée des surplus
revient toujours vers les jugements féconds.
La justice ne tremble pas non plus,
quand elle s’installe et signe ses autographes
permettant à l’art de renouer des occasions
entre le bien-être, la fragilité et la gourmandise.
Je connaissais son fils et je l’aimais
comme les horizons enflammés
qu’il dessinait aux moments d’extase.
En tout cas je l’avais cru ainsi capable
de transcender la simplicité de la géométrie.
C’est l’éventail du formulable, en petit,
qui s’était alors insinué dans mes veines,
comme une promesse qu’on aurait faite
juste avant que n’arrive le temps de vivre.
Publié par POETESSA à 23:49:24 dans POETESS | Commentaires (0) | Permaliens
Fin du monde à Gaza

Y a-t-il encore de la place pour nous ?
Sommes-nous si insignifiants
alors que tout le monde
parle d’humanité
et de droit à l’humanité
en parlant de nous ?
Il aurait suffit que les choses bougent
mais dans un autre sens
pour que nous puissions
nous consoler quelque peu
de ce que nous avons déjà perdu.
Il aurait suffi de nous laisser
trouver la paix
pour être en accord
avec nous-mêmes
avant tout.
Mais on nous oblige,
on nous bloque,
on nous soupçonne,
on nous pousse
toujours plus loin
et cet espace
sous nos pieds
se rétrécit encore.
De là
nous ne pouvons
même plus
éviter de succomber
aux scènes les plus extrêmes
d’une violence non camouflée.
Les stratégies d’extermination
d’un peuple déjà vaincu
officialisent le crime
qui a déjà eu lieu.
Et l'injustice subsiste
puisque le coupable
ne sait reconnaître
la faute qu’il a déjà oubliée.
Ce peuple d’Israël
joue avec son destin,
relativisant à son compte
la mémoire des torts subis.
Il reforme le crime
pour atteindre au coeur
ceux qui n'auraient pas
souffert comme eux
de la shoah.
Ceux qui souffrent pourtant
des mêmes conséquences,
plongés eux aussi
dans l'histoire perverse
qui ne laisse aucune chance
aux civils innocents.
Israël désormais installé
dans son erreur,
quand sans relâche
et sans pitié il piétine
les gens de Gaza.
Publié par POETESSA à 12:23:08 dans POETESS | Commentaires (0) | Permaliens
Forces immuables
Dans les contours magiques de l’âme
elle se cache, la tromperie.
Et elle ne revient, ma musique,
que pour évoquer au matin
les altercations pontificatrices.
Ils disaient tous qu’il valait mieux
ne jamais tenter d’extraire un sens
à la démarche improductive
d’un théorème boiteux
rompu sur lui-même.
Ils priaient en vain,
pour préserver l’acquis
d’une liaison déjà extravertie,
pourchassant les forces hérissées
d’une vie fermée à clé.
Ils ne voulaient que la convergence
des lignes droites du bonheur,
aperçues ensemble vers le ventre,
sans avoir jamais soumis au temps
la roue des transformations.
Le grand orchestre métaphysique
remuait l’explosion de corps perdus
par les armées bissextiles
et moi je m’accrochais aux mots,
au beau milieu d’une dépendance.
Publié par POETESSA à 22:44:51 dans POETESS | Commentaires (0) | Permaliens
Les cachettes du temps
Autrefois personne ne pouvait
se calmer en disant au grand jour
son opinion sur les secrets qui l’entouraient
à propos de la vie quand elle prend son train
et qu’elle se crée parfois avec fracas.
Puis, ils ont attrapé les molécules
dans la machine exponentielle
du savoir qui apporte ses vertus
et libère du poids des traditions
faisant imploser tous les secrets immémoriaux.
Mais moi j’avais marché sur les dalles
de la stratosphère encore rapiécée
avant que la drôlerie des temps
n’impose sa plaisanterie collective
et nous oblige à supporter le sarcasme enjolivé.
Comment oublier deux millénaires de restes ?
Et bien... il suffit de tordre les caractères
confondre progrès et vitesse, ivresse et plaisir.
Quand la joie se démène dans le rétroviseur
garde-t-elle le souvenir des premiers arrivages ?
Moi j’avais marché sur les dalles
et incorporé les premiers mots dans les substances.
Mon esprit se focalisait sur la simplicité
et comprenait qu’il ne fallait bouger
que lorsque la nuit n’était pas encore tombée.
Comment oublier deux millénaires de restes ?
Toi tu es mort, mais moi je te trouve partout,
comme si tu reprenais par d’autres mains
les mêmes échelles permettant à ma dignité
de remonter pour sortir du piège occidental.
Nous en sommes sortis d’un peu trop près
et tu n’as vécu qu’un instant trop court.
Et c’est par ton fils que je reviens au style muet,
celui d’un navire lâché sur l’océan des désirs
pour que ne s’arrête pas la méditation du coeur.
Quand je lui parlais je subtilisais les cartes
et voyais son égarement dans son engagement
dans ses mots trop courts qui étaient pourtant justes
parce qu’ils te cherchaient au moins autant que moi
dans notre univers désormais si désenchanté.
L'axe viscéral glissait sur les pas recroquevillés
et j’ai senti vibrer la même peau, sur un autre corps,
à cause d'une miette qui s'était glissée là.
Comme il ressemble au père ce fils dont la vie m’émeut.
même s'il redoute un peu les mots qui autrefois consolaient.
Publié par POETESSA à 18:55:57 dans POETESS | Commentaires (0) | Permaliens
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