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Les cachettes du temps | 06 janvier 2009

Les cachettes du temps

Autrefois personne ne pouvait
se calmer en disant au grand jour
son opinion sur les secrets qui l’entouraient
à propos de la vie quand elle prend son train
et qu’elle se crée parfois avec fracas.

Puis, ils ont attrapé les molécules
dans la machine exponentielle
du savoir qui apporte ses vertus
et libère du poids des traditions
faisant imploser tous les secrets immémoriaux.

Mais moi j’avais marché sur les dalles
de la stratosphère encore rapiécée
avant que la drôlerie des temps
n’impose sa plaisanterie collective
et nous oblige à supporter le sarcasme enjolivé.

Comment oublier deux millénaires de restes ?
Et bien... il suffit de tordre les caractères
confondre progrès et vitesse, ivresse et plaisir.
Quand la joie se démène dans le rétroviseur
garde-t-elle le souvenir des premiers arrivages ?

Moi j’avais marché sur les dalles
et incorporé les premiers mots dans les substances.
Mon esprit se focalisait sur la simplicité
et comprenait qu’il ne fallait bouger
que lorsque la nuit n’était pas encore tombée.

Comment oublier deux millénaires de restes ?
Toi tu es mort, mais moi je te trouve partout,
comme si tu reprenais par d’autres mains
les mêmes échelles permettant à ma dignité
de remonter pour sortir du piège occidental.

Nous en sommes sortis d’un peu trop près
et tu n’as vécu qu’un instant trop court.
Et c’est par ton fils que je reviens au style muet,
celui d’un navire lâché sur l’océan des désirs
pour que ne s’arrête pas la méditation du coeur.

Quand je lui parlais je subtilisais les cartes
et voyais son égarement dans son engagement
dans ses mots trop courts qui étaient pourtant justes
parce qu’ils te cherchaient au moins autant que moi
dans notre univers désormais si désenchanté.

L'axe viscéral glissait sur les pas recroquevillés
et j’ai senti vibrer la même peau, sur un autre corps,
à cause d'une miette qui s'était glissée là.
Comme il ressemble au père ce fils dont la vie m’émeut.
même s'il redoute un peu les mots qui autrefois consolaient.

Publié par POETESSA à 18:55:57 dans POETESS | Commentaires (0) |