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Promenade | 16 décembre 2008

Promenade

Je me suis peut-être faite prendre, moi aussi,
dans un souffle, là où l'endroit était atteint
et le système de la curiosité tenu en rennes,
même si je ne savais plus où je marchais
pour la première fois de ma vie avec toi.

Tu n'avais pourtant parlé que d'autres gens
comme si dans la propriété où tu régnais
les présences se devaient d'être enveloppées
dans des draps d'extrême fragilité, instables,
repliés par le souvenir expliqué du temps.

Tandis que moi j'apparaissais et repartais
écrivant au passage des dizaines de pages,
toutes différentes, et de la manière qui foule
mais sans jamais les incruster d'aucun affect,
désirable seulement parce que je glisse.

Toujours c'est hors du temps que je prête
le son de mes érogènes espérances de vérité
dans les ruelles pourtant d'éternelles entrevues
où le désir est aux portes du visible, décliné,
étrange, mais respecté pour ce qu'il veut obtenir.

Dans un passage pourtant plus sombre
ta main a pris les ombres étalées du visage
s'empressant de les étreindre, ensemble,
poing fermé glissé dans une poche de veste,
pour ne pas que se perdent tant d'odeurs.

Alors il ne reste depuis que ce décalage
entre les pièces de la pleine mosaïque
et de la dépendance qui m'ensorcelle
je finis par déclarer l'insignifiance dépecée,
puisque pour toi la réalité est sans limites.

 

Publié par POETESSA à 14:48:52 dans POETESS | Commentaires (3) |