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Ceux qui ont appris
Pourquoi ont-ils amené
leurs coeurs dans l’espace virtuel ?
Ont-ils débouché un beau jour
le mystère des phrases écaillées ?
Les ont-ils entendues à l’avance
dans l’explication qui s’insinuait
au panthéon du sens ?
Moi j’avais glissé au bout
de cette aventure désirante
et je les avais laissés là,
aux marges de leurs certitudes.
J’avais glissé loin d’eux
dans les épreuves de force
d’un acte global de fréquentation
d’un monde aux reflets cosmiques.
Le temps qui passe n’a pas gêné
l’effort sinueux des présences
acheminées d’un bout à l’autre
de leur parcours signalé
au registre magique de l’égalité.
Ils ont tous acquis l’indépendance.
Ils ont tous rattrapé le retard
et mûri leur différence.
Ils étaient choisis
parce qu’ils avaient tous appris
à traduire les formes du silence
en objet d’exploration.
Ils cherchaient encore la source
parce qu’ils n’avaient pas oublié
que le lien justificatif se complétait,
restituant la marque écrite du futur.
La manière hasardeuse nous tente
sauf quand le regard est capturé
aux lianes de l’arbre digitalisé
Attendant la chute du fruit mûri
devenu arrondi, juteux et sucré,
rouge par dessus ses lèvres,
ils restaient pétrifiés
et la dérision ne les effleurait pas.
Ils savaient depuis longtemps
que les mots ignorent parfois la beauté
et ce qu’ils avaient permis
ne les a pas dénaturés dans l’accueil
qu’ils réservaient aux métaphores du réel
quand le surnaturel les poussait parfois
à rêver sans dissocier complètement
l’émoi de la manifestation de justice.
Quand la peur vient mais le fruit
ne parvient pas à devenir mature,
l’être humain qui se réveille pathétique
finit par vouloir rattraper le vent
en prenant appui sur l’escalier des poses.
Il évite de montrer ses frémissements
et guette du bout de la lorgnette
la réaction spéciale des enfants.
Et ils pourraient continuer à vivre
en taquinant les recoins d’ombre
où se fourrait mon chat tranquille.
Ils pourraient bien volontiers
accepter de rivaliser avec lui en relation.
Ils continuent en vain à le chercher,
dans leur myopie d’évaluation,
et lui, visiblement, il leur répond.
Publié par POETESSA à 03:09:03 dans POETESS | Commentaires (2) | Permaliens
Humiliations et lumières
Ecrire les mots qu'on pense
dans certains contextes
soumis à paralysie rigide
demande de taire les ardeurs
au moins pendant qu'on les écrit,
et même quelques temps plus tard.
Pas de jubilation, jamais.
La pensée se doit d'être stérile
avant de parvenir au public,
où elle sera rémunérée
si la résurgence de ses écumes
la laisse étrangère à toute pesanteur.
Et si parfois vous faites l'amour
dans une situation d'ensemble
qui vous permettrait de penser,
vous devrez finir par l'abstraire
même dans ces cas là.
C'est la condition pour arriver
à la suffisance du plaisir,
puisque vous n'avez pu
retenir le spasme qui se remarquait,
et qu'on vous attendait ferme
pour vous reprocher d'avoir
obtenu par erreur la place du méritant.
On vous attendait toujours
à partir du moment où du bruit
s'insinuait contre les façades.
Le bruit du plaisir partagé devant s'aplatir
sans permettre qu'on dévisage
la physionomie d'un voisinage
corrompu d'obscénités,
poussant les approches multiples
vers le triomphe des gémissements.
Il faut fermer la fenêtre.
pour que ne s'épuise pas la musique
quand elle bat si fort sa cadence
inventée par le hasard.
Il ne reste alors que le mot unique
isolé de sa matrice,
jaillissant comme un cri
d'une gorge trop serrée.
Il ne reste que l'immense perplexité
et l'histoire unique qui progresse,
ne retenant que la variable explicite
qui se mord par elle-même
dans l'infinie répétition du jeu.
Entamée par les lois du futur
la formule simplifiée sort
de sa sombre cachette
pour s'enfiler comme une alliance
dans l'annulaire des souvenirs.
Publié par POETESSA à 03:00:07 dans POETESS | Commentaires (0) | Permaliens
Beauté espiègle
J’étais une femme rebelle
aux yeux décalés vers le front.
J’étais déjà traquée
par un destin improbable
qui me rendait furieuse.
Si tu avais pu deviner
la couleur de mes idées
tu aurais compris
qu’aucun de tes recueils
n’aurait suffi à recommencer.
S’il avait fallu recommencer
c’était déjà fait.
Et tu semblais étonné
de ce visage soudain plus lisse
dont les rides sont plus ouvertes
et sourient.
Publié par POETESSA à 19:22:15 dans POETESS | Commentaires (0) | Permaliens
Frontières d’amour
Je ne le décris pas je le construis
en le libérant de l’informulabilité
le vieux problème de l’amour
qui se couche à terre face à la légalité.
L’amour par la fierté qui rend perplexe,
par la transversalité des frontières
qui se dérobent sous les sentiments.
L’humour et l’impossible équidistance.
L’amour avec la fièvre du retour
qui brûle toujours les générations
quand leur livre roulé de plaisir
se colle à la forteresse du futur radieux.
J’ai traduit tes revendications
quand elles fauchaient la perception
et qu’elles n’appelaient aucun hymne
pouvant les connecter au passé.
Si ce n’est une dérive transnationale
perdue hors de sa superficie éclatée
qui ne sait plus vraiment d’où elle sort
ces jours où il fait beau et qu’il fait doux.
L’amour qui s’épuise de douceur
à l’ombre de son utilisation massive
pour avancer de son corps
en ne laissant derrière rien qui vaille.
L’amour des caprices de sa nostalgie
qui s’étale dans la seule vie privée
et se prive de la gravité des longitudes
comme il n’aborde que les dessous du voyage.
Publié par POETESSA à 13:53:55 dans POETESS | Commentaires (0) | Permaliens
L'AFFAIRE OUBLIEE
Je ne sais pas parler du tout
des effets du nouveau produit
qui marche en cours de route,
qui se prend par la main,
se vend comme un journal
et se regarde comme un film.
J'attendais qu'on me dise
quels étaient les espaces libres
où aller justifier mes ressources,
où exporter mes peurs
et permettre qu'on m'utilise
si je devais servir au projet.
J'attendais qu'on me dise
comment épuiser les doutes
en quelques minutes d'entente
grâce au baptême d'espérance
et aux acharnements d'appétit
dans le recrutement d'adversaires.
C'était une direction habituelle
des mécènes qui jouent
et d'un espoir rectangulaire
enrubané dans sa boîte
comme un fétiche obstiné
mêlé aux pages successives.
Autrefois on le déchiffrait
en accédant aux savoirs indirects
parce que l'immensité des voix
se confrontait dans les textes
et se terminait aux limites
des paradoxes bruyamment décidés.
On admettait la beauté
d'un avenir sans exception.
Maintenant la crème qu'on remue
est lisse sous les vagues de lumière
et pleine d'une amertume
qui se conjugue à tous les temps.
Le progrès s'est échappé
par la porte de derrière.
Personne ne saurait débattre
en affichant son statut illégal.
Il manque simplement le thème
qui devrait s'appliquer au début.
C'est un constat de fébrilité
une mise en pratique d'harmonie
qui se débat sans rigueur
et descend vers l'humide
à force d'ignorer que les formes
se taisent à force d'être tues.
Publié par POETESSA à 00:52:18 dans POETESS | Commentaires (0) | Permaliens
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