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Humiliations et lumières | 22 novembre 2008

Humiliations et lumières

Ecrire les mots qu'on pense
dans certains contextes
soumis à paralysie rigide
demande de taire les ardeurs
au moins pendant qu'on les écrit,
et même quelques temps plus tard.
Pas de jubilation, jamais.
La pensée se doit d'être stérile
avant de parvenir au public,
où elle sera rémunérée
si la résurgence de ses écumes
la laisse étrangère à toute pesanteur.

Et si parfois vous faites l'amour
dans une situation d'ensemble
qui vous permettrait de penser,
vous devrez finir par l'abstraire
même dans ces cas là.
C'est la condition pour arriver
à la suffisance du plaisir,
puisque vous n'avez pu
retenir le spasme qui se remarquait,
et qu'on vous attendait ferme
pour vous reprocher d'avoir
obtenu par erreur la place du méritant.

On vous attendait toujours
à partir du moment où du bruit
s'insinuait contre les façades.
Le bruit du plaisir partagé devant s'aplatir
sans permettre qu'on dévisage
la physionomie d'un voisinage
corrompu d'obscénités,
poussant les approches multiples
vers le triomphe des gémissements.
Il faut fermer la fenêtre.
pour que ne s'épuise pas la musique
quand elle bat si fort sa cadence
inventée par le hasard.

Il ne reste alors que le mot unique
isolé de sa matrice,
jaillissant comme un cri
d'une gorge trop serrée.
Il ne reste que l'immense perplexité
et l'histoire unique qui progresse,
ne retenant que la variable explicite
qui se mord par elle-même
dans l'infinie répétition du jeu.
Entamée par les lois du futur
la formule simplifiée sort
de sa sombre cachette
pour s'enfiler comme une alliance
dans l'annulaire des souvenirs.

Publié par POETESSA à 03:00:07 dans POETESS | Commentaires (0) |

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