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Intense influence | 02 avril 2009

Intense influence

Homme sous influence,
tu jettes toi aussi sur l'eau
les gouttes de miel
arrachées au temps
pour alimenter le repas
de l'éternelle jeunesse.

Tu t'es risqué au bord
du masque de l'incertitude
près de l'abîme des sexes
là où nul ne résiste
au sourire mangeur
de perplexités réduites.

Tu as déconnecté l'ordi
pour te mettre en chasse
d'une princesse libre
qui court à cheval, toujours,
et n'est pas sûre de revenir
si le fil doré se cassait.

Car aux tumultes exigés
pour faire fleurir les parcelles
il faut de l'ordre établi
et pour créer l'or des villes
endiguer toutes les forces
jusqu'au loin dans les marais.

Et le cheval se peut effrayer
de tant de volontés distinctes
au service d'un seul pouvoir
caché aux abords de l'abîme
aux abords de la ville
à la source des transits.

Alors si l'influence te choisit
par un mouvement d'humeur
composé en toute quiétude
tu peux libérer ta tendresse
et l'adresser au loin
à cette obstinée princesse.

Et peut-être son cheval
cette fois la conduira
à se mobiliser à la tâche
mais à le faire sans tomber
dans l'imaginaire dépeuplé
d'un discours sans issue.

Elle se mobilisera alors
peut-être pour toi
si le fil doré ne casse pas
si la fête n'éteint pas la gaieté
si le plaisir ne s'use pas
au contact de nos espaces.

Publié par POETESSA à 17:38:46 dans POETESS | Commentaires (0) |

Créations profanes | 01 avril 2009

Créations profanes

Et si le monde créé
est composé d'ombre et de lumière
tu ne parviendras pas à défaire
la structure que j'ai moi-même posée
si je la pose par exigence de vie
et que je l'entretiens positivement
puisque je mérite moi aussi le respect
qu'on doit à un être humain.

Même si par ailleurs
tu te confrontes souvent à ceux
qui ne savent pas comment se fabrique
cette structure à luminosité alterne,
et qui s'accaparent les tranches d'avidité
que leurs moyens acoustiques utilisent
pour mélanger les sons aux forces
dont l'emballement formerait la rondeur.

S'il y avait un troisième acte
la comédie pourrait devenir âpre
mais comme la frontière de l'ignorance
ne saurait être traversée désormais
que ton esprit est rembourré à ras bord
il reste la solution du maquillage
et celle de l'adéquation du prestige
permettant à tous de parler selon désir.

Et si la comédie finit bientôt
tu verras que d'autres vertus subsistent
hors de ta mélancolie exhibitionniste
qui fait flancher les solitudes détroussées
et augmente sans cesse les permissions
d'aller là où le temps avait fait mûrir
les sagesses de maisons friables,
et les fruits aux arômes multiples.

Les aspérités de l'échange sont réelles
et sont d'une navrante banalité
qui m'oblige à planquer mes élégances
et à dissuader la visibilité de mes choix
pour ne pas entrer dans l'intraduisible
criminalité qui de ta richesse émane
puisqu'elle est condescendante de moi
qui n'ai rien fait pour le mériter.

Publié par POETESSA à 02:32:50 dans POETESS | Commentaires (0) |

Dépassement du temps | 31 mars 2009

Dépassement du temps

Sans faute, sans hésitation,
je ne voyais encore que le futur
comme livre ouvert
à catapulter mon être au monde
sans briques à élever
pour emmurer le mystère.

Je marchais encore derrière
le voile exhibé de mes aptitudes
car juste à côté de moi
tu préparais les cours
qu’ensuite tu aurais donnés
au creux de plages explosées.

N’éprouvant nul embarras
de l’étreinte à déplacer
j’avais accepté de n’avancer
que d’un centimètre à la fois
pour conduire sans ambivalences
tous nos savoirs sur le parcours.

Mais l’espace sans péages
ayant fini par se tasser
c’est la fièvre du doute
qu’en moi j’ai senti monter,
si haut qu’un point seulement
avait pu résister à l’émeute.

J’étais devenue toute cartésienne
après tant d’autres, moi aussi,
me sentant prise de ce besoin
d’analyser pour être en certitude
puisque l’immensité du réel
à mon histoire s’était imposée.

Mais toi, toujours retransformé,
extasié au seuil de tes colères
par des mythes de politesse blanchie,
te voilà resté imperturbable
ou tout juste devenu épicurien
quand je peux me réfléchir à toi.

Et ces retrouvailles ont donné
une joyeuse perspective
à nos sourires bizarres.
Nous n’avions presque rien forcé
et pourtant tout paraissait simple
au croisement de nos existences.

Cette nouvelle pièce de langage
qui bougeait dans le renouveau possible
se montrait comme telle un peu partout.
Nous l’aurions certainement appelée
un beau jour par son prénom
si d’aventure la forme avait pris.

Mais l’écume grandissante
d’une vague torrentielle absurde
a indistinctement balayé
nos projets des deux côtés
avant même que nos voix
ne soient parvenues au discours.

Le crépuscule est alors venu
obligeant ceux qui se passionnaient
à se rejoindre dans l’hystérie
sans qu’aucune lumière ne sauve
l’or de leur raison familière
déjà troublée d’opacité.

Il aurait suffi alors de continuer
en ne cessant d’y croire
à ce que je savais de définitif
tout en disposant par ailleurs
le cadre de ma ressemblance
au profil de la non collaboration.

Et je l’ai fait, tant pis pour eux.
Même si en conséquence toi aussi
tu as fini dans le néant exemplaire
de cette marche sans bagages
dont l’aboutissement ne se fondait
que sur un pacte d’anticipation ratée.

Ou bien as-tu cette fois changé ?
As-tu toi aussi finalement
emporté le doute dans ta poche
et décortiqué tes chances
du bout de tes doigts
pour voir ce qu’il en reste ?

Publié par POETESSA à 23:02:02 dans POETESS | Commentaires (0) |

L'amour en marche | 28 mars 2009

L'amour en marche

Avoir vécu ma peau à l'envers un court instant,
et senti les choses davantage de ton côté que du mien
dans une ovulation mentale à perdre haleine
qui m'a fait toucher l'essentiel
avec le futur en surplus.

Ma peau allumée du contact
que la seule odeur lui procure et la parcourt,
sans même la consumation de ta chair par ma chair
à boire le flux de nos sympathies déversées,
menées d'indéfectible sinuosité d'existence.

L'amour en marche je te l'accorde
puisque notre amour sait marcher
et que nous ne livrons pas nos âmes affectées
aux catalogues d’étalage des commerces
dont le son écaillé des boîtes variées déjà se meurt.

Puisqu'elles exagèrent les bases du mouvement
et qu'elles détériorent les règles de la vérité
les fièvres de la passion cupide sont déjà frelatées
et font gémir aux abords de la toile vivante de la liberté
sans arriver à sauver la mémoire universelle du chaos.

Je me lèverai donc pour dire avec force
que depuis que nous avons extériorisé nos organes
nous avons rétrogradé de l'héritage dyonisiaque
qui laissait s'associer le regard à l'épidermique beauté; 
maintenant que l'organe fonctionne l'esprit se tait. 

D'ailleurs pour bouger dans la chair par la chair
il ne suffit pas de fendre le bon sens
car appuyer les muscles aux contours du réel
est l'effet d’idées profondes dont les marques incantatoires
s’incurvent au diamètre de vibrantes incarnations.

Mais moi je préfère l’odeur et le son...
Et je préfère la lumière...

Publié par POETESSA à 13:33:52 dans POETESS | Commentaires (0) |

L'impuissance du théorème | 08 mars 2009

L'impuissance du théorème

C'était dans l'abstraction toute sombre
que j'ai découvert la forme de ton intimité.
Toi qui ne pensais pas de détenir
des informations si précieuses,
tu les avais toutes déjà dans le désir
de montrer ta capacité à lever
cette masse de cellules inertes.

C'était pourtant déjà la force de mon désir
qui avait fini par s'allumer
par frottement d'impensable lueur
et l'expérience joyeuse de découverte
d'un théorème aux vérités cachées
qui se dérobaient aux propositions
de l'excellence basée sur l'uniforme.

J'ai compris alors que cette chaleur
que ce n'était pas seulement
pour les chiens et autres quadrupèdes
mais que j'en pouvais aussi absorber
ma part d'aventure et d'oubli
et retourner transformée au visible
encore chancelante sur mes pas.

Jusqu'au jour où sans attendre
les candidats à la jouissance ont fini
par se mettre à nu face aux images,
fixant leur attention au jeu des poses
dont l'érotisme librement démultiplié,
glissé de catalogue en catalogue,
ne rompt aucun trouble qui se respecte.

Fondé sur le droit imaginaire à disposer
d'une forme de séduction par le corps
c'est uniquement l'état de puissance
qu'il célèbre pour parvenir à se faire tendre
les cordes d'un acte sexuel hyperbolique
gravé dans la chair sans paraphrase,
absent du problème du devenir et de l'être.

Publié par POETESSA à 14:14:11 dans POETESS | Commentaires (0) |

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